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Journal de Montreal

by Renee Laurin

«Sentez comme il fond dans la bouche. C’est une expérience presque sexy», dit Adam Coape-Arnold, 37 ans, copropriétaire de Cult Yogourt, une jeune entreprise de Farnham dans les Cantons de l’Est spécialisée dans la fabrication de yogourt grec artisanal.

Il y a quelques années, lui et sa partenaire de vie, Éloïse Grondin-Bouchard, 33 ans, ont quitté leurs emplois à Montréal. Ils avaient un rêve commun: réussir à fabriquer le meilleur yogourt grec de la province.

Elle nourrissait une véritable passion pour les yogourts et ­fromages blancs européens depuis un séjour dans le sud de la France. Il en consommait régulièrement depuis des années pour se remettre de problèmes de santé liés à un parasite intestinal.

Au bout de plusieurs mois d’expérimentations, ils étaient prêts à sortir de l’ombre. Depuis un an, leurs charmants pots de verre aux saveurs inusitées se vendent à la vitesse de l’éclair, si bien qu’il leur faut déjà trouver une façon d’augmenter leur production pour répondre à la demande.

«Lorsque j’arrive chez un commerçant, j’ai à peine le temps de remplir les frigos que la moitié de mes yogourts sont déjà vendus, dit Adam. Voir le plaisir dans les yeux des consommateurs est sa plus grande récompense. Aussi, il me tend un de ces petits pots miraculeux qui, dit-il, a déjà fait pleurer un Grec. Le goût de leur yogourt lui rappelait celui que lui préparait sa grand-mère.

Le secret de la réussite

Il me suggère de tremper d’abord ma cuillère en surface pour goûter le yogourt nature puis de la plonger au fond pour aller chercher la saveur du ­mélange fruité abricot-lavande. Je peux ensuite mélanger le tout. Il a raison. Le résultat en bouche est exquis. Pas étonnant qu’on en redemande.

Leur yogourt grec nature à 9 % de matières grasses est aussi ­savoureux, mais surprend par sa texture. Trop consistant à mon goût pour le manger avec mes granolas le matin (on dirait du fromage blanc), mais sans doute excellent dans une recette ou pour accompagner un dessert.

Le secret de leur réussite tient à plusieurs facteurs: leur lait, d’abord, issu du troupeau de vaches Jersey d’un fromager de Farnham. Cette espèce rare au Québec produit du lait à 7,3 % de matière grasse, plus riche en protéines que celui des Holstein. Le procédé de fabrication et le type de bactéries employées influencent aussi le goût et la texture.

«On a commandé des cultures probiotiques de partout à travers le monde pour expérimenter», explique Éloïse. Ils ont retenu celles provenant de la Scandinavie, de la Bulgarie, de la Grèce et de la mer Caspienne.

«Les produits locaux et artisanaux sont tendances. Si l’aliment contribue à une meilleure santé en plus, vous avez une recette gagnante», ajoute Adam.

Lorsqu’il a rencontré Éloïse, elle venait de terminer une formation en nutrition et travaillait comme serveuse dans un restaurant. Lui travaillait au service du marketing pour une compagnie de yogourt glacé. C’est là qu’il a noté l’intérêt croissant des consommateurs québécois pour le yogourt grec. En mettant leurs forces en communs, ils sont arrivés à se construire une entreprise pleine de promesses dans un environnement qui les ­enchante au plus haut point.

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